Carnet de voyage

Mille milliards de mille sabots !

Nous voici toujours cloués au sol ! Grumbl, grumbl. Alors, entre nos recherches, pour ne pas perdre le moral, on en profite. Sans selle, nous galopons à cru dans les verts pâturages de nos logeurs – essentiellement du chou planté à la mode de chez nous – au plus grand bonheur de leurs deux cochons. Etant toujours en Armorique chez les irréductibles Gaugau, pour faire la nique à Jules, nous les avons discrétionnairement nommés César et Quintus. Notre début de voyage ressemblant étrangement à l’échec essuyé par l’ogre en Russie, nous les aurions bien affublés des noms de Napoléon et Bonaparte mais en France la loi nous l’interdit encore. Dura lex, sed lex


Nous avons visité les lieux alentours : Saint Malo, Cancale et Saint Suliac. Si les deux premières cités sont plus que connues pour leurs Surcouf, pirates et autres boucaniers – et accessoirement leurs huîtres – la dernière demeure encore préservée et de loin la plus belle. Après les joyeuses ripailles organisées par les vikings où poulardes, joyeux drilles, cervoise, bectance et roploplo régnaient en maître, la ville subit les sanglantes répressions de la guerre de la Ligue. Plus tard, de magnifiques processions faites en l’honneur de la vierge de Grainfollet – protectrice des terre-neuvas, pêcheurs de morue au large du Canada – sillonneront ses rues. Depuis, tous reviennent sains et saufs.

Aujourd’hui, dans ce bourg considéré comme l’un des plus beaux de France, et à raison!, les descendants d’Ordralfabétix et de Cétautomatix courent dans les ruelles, les fleurs poussent entre les pierres de granit des petites maisons de pêcheur, du moulin à marée, des anciennes salines et sur les menhirs qu’Obélix a laissé trainer çà et là.

Puis on retourne chez Marie-Jo et Henri, avec qui on papote et qui nous aident à chercher des selles. Comme ce matin, sur la demande d’Henri un vendeur est venu déposer deux selles Gauloises de la marque Forestier. Malheureusement ces dernières n’ont pas d’arçon, elles ne conviennent pas pour la longue randonnée. Mais ce n’est que partie remise, on cherche, on cherche !

Pour des questions éthiques, ledit caleçon n’apparaît pas

Cette nuit la tempête a grondé et tonné au-dessus de nos têtes. Notre petite tente nous protège. Mais à la menace que représentent les fêlés du ciboulot qui découpent les chevaux en France et un peu partout en Europe chaque nuit, s’ajoute celle du vent qui peut faire tomber un arbre sur l’un de nos deux pépères. Alors la nuit on sort en caleçon avec la bombe au poivre sous la main faire la ronde autour des chevaux puis remettre les sardines – non, non, pas celle de Douarnenez! – que le vent a emportées.

Ce niveau de compétence en fait rire certains toujours autant.

Mais tous les matins – un peu plus humides et froids avec l’arrivée de l’automne – c’est toujours le même bonheur, le même plaisir, que de retrouver Brubru et Amoer à la porte de la tente, ronflant tous deux de plaisir à l’idée de manger leur p’tit déj.

On continue à astiquer notre barda : le pare-sueur à l’huile de pied de bœuf, nos grosses godasses de milouf à l’imperméabilisant, nos selles à la graisse. On coupe les bâches en deux pour qu’elles mesurent 2 m x 1,44 m et on y fixe des œillets afin qu’en temps de pluie nous puissions recouvrir les chevaux et nos affaires, le tout en trépignant d’impatience.

Et on cherche toujours la selle d’Amoer…

2 commentaires

  1. anne malko a dit :

    Marabout, bout d’ficelle, selle de cheval…..)

    1. Selle de ch’val, selle de ch’val , selle de ch’val ch’val ch’val

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