Carnet de voyage

100 ans pour grandir, 100 ans pour produire, 100 ans pour mourir.

Nous revoilà sur les routes depuis mardi, le bonheur ! Brutus et Amoer ont la pêche, nous l’abricot. La voie verte défile sous nos yeux et nous offre un beau spectacle : châtaigniers, pommiers et petites gares de l’ancienne ligne de chemin de fer – certaines réhabilitées en maisons, d’autres toujours à l’abandon – rythment notre balade.

L’automne est là, les couleurs explosent, les arbres sont en feu et nous en mettent plein la vue. Nous échangeons avec quelques cyclistes et passons la nuit chez Marie-Anne et Guy passionnés d’équitation eux aussi. Leur fils Alexandre, ancien maréchal Ferrant de la garde républicaine (rien que ça!) nous conseille sur les types de ferrure adaptées à nos chevaux. Amoer aurait besoin d’une ferrure orthopédique et nous devons ajouter encore deux cônes en tungstène sur les fers. C’est noté !

Marie-Anne et Guy nous offrent le gîte et le couvert, nous refaisons le monde en dégustant une poêlée de champignons cueillis par leurs soins et du jambon fumé maison, hmm un délice!

Reposés, nous avançons le lendemain et décidons de bivouaquer 19 kilomètres plus loin dans un champ où l’herbe nous ferait presque baver nous aussi.

Grégoire nous allume un feu avec du bois mouillé (scout un jour, scout toujours!), nous engloutissons une boîte de sardines et un pain au lait et filons nous coucher. La nuit sera moins douce que la veille! Au petit matin, nous discutons avec le propriétaire du champ et en apprenons sur le renouvellement des pâtures, les types de semis utilisés et leur richesses en nutriments pour les vaches. Saviez-vous que le trèfle est très nourrissant et peut remplacer la luzerne ? Ne pas en abuser pour un cheval travaillant peu! Assez discuté, hue !

Nous rencontrons des cyclistes qui nous conseillent un endroit où dormir : le camping de la Touche, accueil paysan avec une yourte venue tout droit de Mongolie, une mini-maison sur roues, de la farine bio maison, des produits locaux, c’est parti ! 23 kilomètres nous séparent de ce charmant camping tout près de Domfront en Poiraie.

Tout près de la voie verte, nous nous arrêtons dans une ferme pour acheter une bouteille de jus de pomme et une bouteille de cidre poiré. Ce que nous ne savons pas encore c’est que nous sommes dans le pays de la poire !

Pour la petite histoire, dominé par la cité médiévale de Domfront, le bas Domfrontais, dit jadis Passais, ou terre de passage, se caractérise par une position géographique particulière à la croisée des deux régions bretonne et normande. Calés contre la barrière de grès du Massif armoricain, ses sols frais et profonds offrent un environnement propice au développement du poirier, dont la présence remonte à la Préhistoire sous la forme d’un petit arbre épineux des forêts, le « poirasse ».

Grâce à la création du bocage normand au Moyen Âge, les vergers de poiriers se sont répandus au cours des siècles, non pour ses variétés de poires non comestibles, mais pour sa boisson dite « champagne normand », ou poiré, et pour son eau-de-vie de Calvados. Reconnu en appellation d’origine protégée (AOP), le poiré Domfront est fabriqué avec attachement, soin et vigilance par une vingtaine de producteurs-transformateurs, qui produisent environ 150 000 bouteilles par an. De quoi vous donner le hoquet !

Des poiriers centenaires dominent les campagnes environnantes. Ici tout le monde connaît l’adage « 100 ans pour grandir, 100 ans pour produire, 100 ans pour mourir ». Seulement l’agriculture intensive menace ce patrimoine si particulier à cette région.

En fin de journée nous traversons cette cité médiévale pleine de vie, décidons que nous y retournerons sans les chevaux pour visiter et savourer un verre de poiré en terrasse. Nous sommes accueillis par Adèle et Tanguy, leurs enfants et leur chaton, tous aussi adorables les uns que les autres. Ils nous mettent un champ et du foin à disposition et nous parlent de leur ferme/camping. Tombés amoureux de la région, ils ont repris une ferme et moulent leur blé à domicile. Leur farine bio est vendue dans leur boutique , les biocoops et commerces des environs.

Nous passons la nuit sous la yourte aménagée avec deux lits, une bibliothèque, des jeux de société (le panard!) et décidons de nous arrêter quelques jours pour profiter de la région, prendre le temps de prendre le temps, nous balader et cueillir des champignons. Notre première cueillette est un franc succès: bolets, cèpes, slurp! Au programme cette semaine: cueillette avec un mycologue, visite d’une ferme pour en connaître plus sur la fabrication d’un camembert, visite du musée du poiré, les chevaux se reposent, nous on se cultive!

Chevalement vôtre,

6 commentaires

  1. Caroline WATHY a dit :

    Votre voyage va accompagner mes pensées un petit moment. Et quel plaisir de lire ce carnet de voyage! Bonne route!

    1. Merci ! Ces mots nous font le plus grand bien !

  2. Par contre le domfrontais Pays de la Loire ? Ben alors on veut mettre le mt St Michel en Bretagne et nous supprimer L Orne ? Non mais alors les jeunes ?? L Orne c’est normand aussi ! 🤗 ou alors il faut que je reprenne mes bouquins, d’autant plus que ce serait la honte pour moi mon père ayant travaillé à Domfront d’où un gag : il a bossé (routier) pour le transporteur Napoly ! Votre photo d’arrivée dans le bas de Domfront. Gag

  3. Souhaiterions envoyer un don mais par chèque nous attendons votre retour ? ou laissez une adresse où nous serons sûrs que vous le recevrez.???
    Super ce que vs faites….et le cap Frehel une merveille surtout pour des Savoyards😊…
    Ciao ciao bisous sans oublier les Chevaux..

    1. Merciiiii 🙂 merci pour le soutien c’est super gentil de votre part !!!! Nous on adore la fondue héhé 👌😋 voici l’adresse des parents de Grégoire : 227 route du village, 38510 sont sorlin de morestel. Merci encore en tout cas 😀

    2. Merciiiii 🙂 merci mille fois pour ce soutien !!! Nous aussi on adore la fondue héhé 😊😋 voici l’adresse des parents de Grégoire : 227 route du village, 38510 Saint Sorlin de Morestel 🙂 encore merci !!!

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